Un bond technologique

Le choix de construire un pont à haubans était un véritable défi technologique. Au moment du projet (entre 1986 et 1988), le plus grand pont à haubans du monde avait une portée de 465 mètres (Pont Alex Fraser, Canada). Avec ses 856 m de portée centrale, le Pont de Normandie était à sa mise en service le plus grand pont à haubans du monde.

Ce défi technologique était imposé par l’obligation de franchir le chenal de la Seine d’un trait, à plus de 50 mètres de hauteur, pour ne pas gêner la navigation.

Plus stable au vent et moins cher qu'un pont suspendu, le pont à haubans se conçoit comme deux balances dont les axes seraient les pylônes.

Les 184 haubans supportent le poids du tablier. Chaque hauban peut être démonté séparément, sans interrompre la circulation des véhicules. Les frais d'entretien sont ainsi considérablement réduits.

Résistance aux vents

Le Pont de Normandie est implanté au plus de près de l’embouchure de la Seine, dans une zone balayée par des vents allant jusqu’à 180 km/h, dans une vaste étendue de terrains alluvionnaires dépourvue de point d’ancrage naturel.

Cet environnement « marin » a conduit les bureaux d’études à opérer des choix structurels ayant pour objectif de réduire l’emprise du vent. Les tests effectués en soufflerie permettent de dire avec précision que le pont peut résister à des vents supérieurs à 300 Km/h et qu’en cas de tempête exceptionnelle, l’amplitude maximale du balancement à la clef du tablier ne sera que de 1m40 et 0,20 m en haut des pylônes. Une véritable performance pour un ouvrage de cette envergure !

Des pylônes gigantesques

Autre prouesse : les deux grands pylônes, d‘une hauteur équivalente à la Tour Montparnasse (204 m). Ces deux colosses de 20000 tonnes ont un rôle capital : via les harpes de haubans, ils reprennent les charges qui infléchissent le tablier central pour les reporter dans le sol, et, à l’arrière, dans les viaducs latéraux.